Agentforce : Oubliez la DSI, l’IA agentique c’est l’affaire du COMEX 🏢 !
Émilie Sidiqian, CEO Salesforce France, sur AgentForce, Headless 360, et pourquoi 95% des projets IA n’ont aucune rentabilité.
📣 Note de transparence — Cet épisode est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Salesforce.
30 minutes en tête-à-tête avec Émilie Sidiqian, CEO de Salesforce France, juste après l’AgentForce World Tour (8 000 personnes Porte de Versailles, ambiance show à l’américaine).
Si vous suivez la conversation IA agentique en France, vous savez qu’AgentForce est devenu en deux ans LA plateforme d’orchestration agentique la plus déployée dans les grands groupes français. Pierre Fabre, Canada Goose, Adecco, Bouygues Télécom, L’Oréal, Dell — tous en production. Plus de POC, plus de démos.
“L’IA, ce n’est pas une question de DSI. C’est au cœur des réflexions des comités de direction parce que ça vient changer le modèle d’affaires de l’entreprise.”
Voilà la phrase qui résume tout l’épisode. Et voici ce que j’ai retenu de plus puissant.
1. 95% des projets IA n’ont aucune rentabilité
C’est Émilie qui le dit, citation directe : “95% des projets IA, on l’a entendu, il n’y a pas de rentabilité, ça m’a coûté cher et je ne sais pas finalement à quoi ça sert.”
La cause ? La précipitation. Acheter plein de modèles, tester tout et n’importe quoi, et ne jamais arriver à mettre à l’échelle. Sa thèse : il faut aller vite, mais pas dans la précipitation. Concrètement, ça veut dire : pas de pilote à l’infini sur un petit marché émergent, mais un déploiement focus sur le cœur de votre business, avec roadmaps et plannings depuis le COMEX.
2. Le passage du budget IT au budget métier
C’est probablement le shift le plus sous-estimé de l’année. Émilie le formule ainsi : “Quand on lance une campagne marketing par des SMS ou des emails, c’est le métier qui paie. Au même titre, les agents vont opérer des campagnes ou autre, cette consommation est portée par les métiers.”
Conséquence concrète :
Le ROI d’un agent IA s’évalue désormais par le métier qui le consomme (marketing, ventes, RH)
Le budget IT garde le setup, mais la consommation est responsabilisée côté métier
Pour éviter le scénario “Uber qui crame son budget IA en 1 trimestre” (cas qu’Émilie cite), Salesforce a sorti un Digital Wallet qui donne la transparence en temps réel sur la consommation par usage, par process, par marché
C’est moins sexy que les démos avec voix synthétique, mais c’est ce qui fait la différence entre un POC et un déploiement à 30 000 utilisateurs.
3. Headless 360 — la vraie révolution silencieuse
Vous paramétrez un agent Salesforce depuis Claude Code, Codex, ou Agile Build. Sans jamais ouvrir l’application Salesforce. Salesforce devient un backend de données et d’actions, votre IDE devient l’interface.
“On est tous dessus en interne. Vous êtes les premiers sur le Headless.”
Pour avoir testé Cloud Opus 4.6 comme premier orchestrateur d’agents en novembre 2025, je peux vous dire que cette approche headless change la donne pour la vitesse de delivery. Et c’est aussi pour ça que je trouve Salesforce, paradoxalement, en avance sur ce point précis.
4. Pas d’IA sans data — et le Zero Copy Partner Network
Émilie rappelle que Salesforce a 27 ans d’histoire dans la donnée client. Avec AgentForce, ils ont massivement investi dans Data360 pour éviter le piège classique : devoir migrer toute la donnée pour faire fonctionner l’IA.
Le Zero Copy Partner Network permet à un agent de piocher la donnée directement là où elle est (système A, B, C) en temps réel, sans la copier. Combiné au rachat d’Informatica (2025), Salesforce empile aussi la gouvernance et un Clean Agent (annoncé au World Tour) qui nettoie la donnée à la volée.
5. Cybersécurité : une attaque toutes les 11 secondes en France
C’est le rappel qui glace. Toutes les 11 secondes, une attaque de cybersécurité en France. Pour les PME/PMI qui n’ont pas les budgets cyber des grands groupes, s’appuyer sur une plateforme qui dé-risque l’usage des agents devient un critère #1. Et pour les setups souverains/on-premise, MuleSoft + des solutions souveraines françaises sont proposées.
6. Slack devient le poste de travail conversationnel
Détail qui m’a marqué : 85 000 collaborateurs Salesforce utilisent Slack en interne. 9 boîtes tech américaines sur 10 l’utilisent. Et pourquoi ? Parce qu’un grand groupe du CAC 40, c’est ~1 000 logiciels en base. Une ETI ~150. Une PME ~20. Et un centre d’appel ? 10 à 15 apps ouvertes en même temps sur un écran.
Slack devient la glue. Et avec l’IA agentique, il devient un poste de travail conversationnel : vous parlez, l’agent interprète, agit, saisit, traite à votre place.
📚 La lecture recommandée par Émilie
Pierre Matuchet — “Révolution IA” (ex-DSI Adecco). Lecture pragmatique d’une heure max sur lancer des agents IA dans un grand groupe quand on a de la dette technique. C’est le livre qu’Émilie met dans les mains de ses clients.
Émilie cite aussi la table ronde du World Tour avec Sylvain Duranton (BCG-X), Barbara Lavernos (L’Oréal) et Pascal Fougnies (Anylog) — la France a une vraie place dans l’IA mondiale, ne soyons pas dans la peur.
Conclusion
Ce qui m’a frappé dans cet épisode, c’est qu’Émilie ne fait pas la promo d’un produit. Elle décrit un changement de gouvernance. Le sujet IA est sorti de la DSI. Il est arrivé au COMEX. Et tant que les COMEX français n’auront pas pris ça en main personnellement — comme l’a fait Émilie en donnant son email à 8 000 personnes au World Tour — la France restera dans les classements derrière les US et la Chine.
Le pas de vitesse est réel. Saisissons l’opportunité sans être naïfs.
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— Nico





Excellent article comme d’habitude !
Merci Nicolas 🙏