Pendant que vous dormez, 220 000 conversations entre les candidats et un agent IA ! 🌙
Comment Adecco a déployé l’IA agentique sur 900 agences — et ce que ça change vraiment.
J’ai eu un échange en direct de l’AgentForce World Tour à Paris avec Pierre Matuchet, SVP IT Digital Transformation chez Adecco et auteur du livre « Révolution IA ». Et pour une fois, on ne parlait pas d’un agent IA « bientôt », d’un POC ou d’une démo. On parlait d’un déploiement réel, à grande échelle, qui tourne déjà .
Tout le monde évoque les agents. Très peu en ont mis en production. Pierre, lui, l’a fait sur les 900 agences Adecco en France. Et les chiffres parlent.
Gen AI vs IA agentique : la phrase qui clarifie tout
« La Gen AI nous a donné la vitesse. L’IA agentique nous donne la transformation. »
La Gen AI, c’est « faster, better, cheaper » : elle rédige une annonce à partir d’une fiche de poste, l’adapte au ton du client (le style d’une marque jeune et mode n’est pas celui d’un restaurant 3 étoiles Michelin), corrige les fautes, fait gagner un temps fou. Mais elle ne change pas le processus de travail : elle l’optimise.
L’agentique, c’est autre chose. Le mot « agent » vient du latin agere : agir. L’agent prend une action, propose des décisions, dit si un candidat correspond ou non au besoin du client. C’est là que le process se transforme.
220 000 conversations — et 60% pendant que tout le monde dort
Quand je lui ai parlé de 100 000 SMS envoyés, Pierre m’a corrigé en direct : « Tes chiffres sont un peu vieux. On était à 220 000 ce matin. » 220 000 conversations terminées avec des candidats.
Et le chiffre qui m’a le plus marqué : 60% de ces interactions ont lieu en dehors des heures de bureau. L’agent répond le soir, la nuit, le week-end. Le recruteur, lui, lance ses agences le soir sur les commandes du lendemain — et le matin, au lieu de passer 200 coups de fil, il retrouve ses candidats déjà qualifiés.
Moi-même, je me suis mis dans la peau d’un candidat : j’ai échangé avec l’agent en dehors des heures classiques, et ma candidature a été analysée. Ce que j’ai apprécié, ce n’est pas un chatbot qui me récite des CGV — c’est de sentir qu’il se passait vraiment quelque chose, que j’avançais dans le processus.
Un projet business, pas un projet IT
« Il ne faut surtout pas que ce soit un projet IT. Il faut que ce soit un projet business, driven par le business. »
Détail révélateur : chez Adecco, le budget lié aux agents (la consommation de tokens) n’est pas dans le budget IT. Il est dans le budget business. C’est le business qui décide où placer un agent, et pourquoi.
Les conseils de Pierre pour se lancer
Beaucoup d’humilité d’abord : ce qui est vrai aujourd’hui sera peut-être ringardisé dans six mois. Ensuite, ne pas attaquer l’Everest par la face nord : commencer par un process stable, bien huilé, qui marche déjà . La tentation classique, c’est de confier à un agent le truc qui ne marche pas — « la meilleure façon de ne pas y arriver ». L’agent n’est pas magique, ce n’est pas un miroir aux alouettes.
La priorité a même été fixée par le COMEX d’Adecco : les tâches de recrutement, là où l’on peut faire la différence.
📕 Le livre : « Révolution IA » de Pierre Matuchet, sorti en janvier 2026. Je l’ai lu — foncez le commander.
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